Suite à l’alerte sociale sur les conditions de travail dans cette vague de chaleur, la FNEC-FP-FO de Loiret a été reçu par la DASEN le vendredi 19 juin.
Depuis, le Loiret passe en rouge canicule selon Météo France à partir du dimanche 21 juin 2026 pour une durée indéterminée.
Les personnes « fragiles » sont invitées à remonter vers le directeur, l’IEN ou le chef d’établissement afin de bénéficier de droit d’une autorisation spéciale d’absence.
Cela pose bien évidemment le problème du secret médical car les directeurs, IEN ou chefs d’établissement n’ont pas à être informés des situations médicales propres aux personnels. La FNEC FP FO rappelle là le rôle du médecin de prévention.
Concernant les personnels ayant des enfants, dans le cas où aucun lieu d’accueil n’est prévu, une autorisation spéciale d’absence pourra être accordée, non décompté du quota « garde d’enfants ».
Les représentants de la DSDEN ont confirmé que les décisions de fermeture des locaux se feraient au cas par cas en fonction des alertes des chefs d’établissements pour le 2nd degré.
La FNEC FP-FO 45 dénonce cette gestion territorialisée et ce transfert de responsabilité sur les directeurs et les chefs d’établissement à qui il appartient de déterminer si les conditions « climatiques » de l’établissement doivent amener une adaptation du fonctionnement.
Un préavis de grève de la FNEC FP-FO couvre tous les personnels.
Voici un extrait de courrier envoyé au recteur pour la vague de chaleur de ce mois de juin par la FNEC-FP-FO académique:
« Notre organisation syndicale a alerté hier le Recteur, en CSAA, sur la vague de chaleur qui s’annonce et qui sera très forte en début de semaine prochaine : 39 degrés sont attendus dans la région lundi. Nous n’avons pas eu de réponse, si ce n’est qu’une réunion avait lieu aujourd’hui sur cette question.
Le Ministre a communiqué hier soir sur les examens dans les collèges et lycées, évoquant la possibilité de « décalages » dans le temps des épreuves au vu des conditions météorologiques.
[…], nous demandons qu’une décision de fermeture des établissements, ou de fermeture chaque après-midi tant que l’alerte est en cours, soit prise par le Rectorat.
Au vu de ce que cela implique notamment dans les lycées (report d’épreuves), nous demandons que la décision soit prise dès aujourd’hui afin de pouvoir organiser au mieux les reports et sécuriser notamment les jurys et les candidats aux épreuves. »
Et la FNEC-FP-FO du Loiret a envoyé une alerte sociale à la DASEN.
Voici un extrait:
« Une nouvelle vague de fortes chaleurs s’annonce sans qu’aucune mesure concrète ne soit appliquée pour la protection des personnels.
Alors qu’un tel épisode a eu lieu il y a trois semaines, que des collègues ont pu relever des températures de 33°C dans les salles de cours, aucune mesure d’anticipation ne semble avoir été prise, contrairement aux obligations légales et réglementaires de l’employeur en matière de santé et de sécurité au travail.
En application du décret n°2008-1246 du 01/12/2008, nous vous demandons une négociation préalable « dans le délai de trois jours à compter de la remise de la notification ».
Aucun texte réglementaire ne précise officiellement les températures “seuils” sur les lieux de travail. Mais de nombreux organismes donnent des indications suite à des études poussées. Et le code du travail est très clairquant aux obligations des employeurs sur la prise en charge de la santé sécurité au travail.
L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) considère «qu’au-delà de 30°C pour une activité sédentaire et 28°C pour un travail nécessitant une activité physique, la chaleur peut constituer un risque pour les salariés » et donc à plus forte raison pour des enfants.
Responsabilité de l’employeur
C’est à notre employeur de veiller à ce que les locaux soient correctement ventilés ! Il doit prendre les mesures nécessaires afin que la sécurité et la santé des personnels soient assurées en s’assurant que les températures des locaux soient convenables.
FO rappelle que c’est «l’employeur [qui] prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, notamment par la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés » (article L4121-1 du Code du Travail).
Cette obligation s’applique donc à l’Éducation Nationale, via l’Inspection Académique ou le Rectorat, qui doit garantir des conditions de travail acceptables en intervenant auprès des collectivités locales, responsables des locaux dans lesquels nous exerçons.Le fait que les locaux des écoles et des établissements du 2nd degré n’appartiennent pas à l’État-employeur ne le dédouane pas de son obligation de protection vis-à-vis des agents contrairement à ce que la haute hiérarchie affirme à chaque épisode de températures extrêmes pour jouer la montre et se défausser en particulier sur les directeurs d’école.
Comment se protéger ? Que faire immédiatement ?
En conséquence, si les mesures de sécurité qu’appelle la situation ne sont pas prises, la question du droit d’alerte et du droit de retrait est posée, en avisant l’autorité administrative et en consignant les faits par écrit dans le « Registre Santé et Sécurité au Travail » (conformément aux dispositions du décret n°82-453 du 28 mai 1982 modifié par le décret n°95-680 du 9 mai 1995)
Prenez contact avec l’assistant(e) de prévention de votre établissement pour vous aider dans votre signalement !
ATTENTION de ne pas engager votre responsabilité devant un danger reconnu et donc prévisible !
En cas d’incident grave résultant d’une chaleur excessive dans les locaux, l’absence de signalement pourrait engager votre responsabilité.
Faire un signalement, c’est aussi se couvrir, quelles que soient les fonctions occupées (enseignant(e), AESH, AED…) si un incident grave survenait à cause des fortes chaleurs !
Ne restez pas isolés, contactez le syndicat immédiatement !
Le SNFOLC45 vous conseillera, vous soutiendra dans l’exercice de votre droit de retrait.
Il mettra tout en œuvre pour le rétablissement de conditions saines et dignes de travail !
Un groupe de travail « AESH » s’est réuni le mercredi 20 mai 2026. Il avait pour objet de rendre compte d’un rapport sur le « rôle et missions des AESH ». Ce rapport s’inscrit totalement dans l’acte 2 de l’Ecole inclusive combattu par la FNEC FP-FO.
L’objectif est ainsi de mettre plus d’« accessibilité » (du conseil et du « coaching », notamment via les PAS, Pôles d’Appui à la Scolarité, des ressources pédagogiques, parfois du matériel…) et moins de « compensation » (des moyens humains pour prendre en charge les élèves : enseignants spécialisés, éducateurs spécialisés, AESH…). Il soutient le principe du « service médico-social à l’Ecole » donc le démantèlement programmé des établissements sociaux et médico-sociaux avec leur externalisation.
Concernant les AESH, hormis quelques vœux pieux (revalorisation de la grille des AESH, privilégier les affectations à l’année…), les préconisations du rapport sont plus qu’inquiétantes :
Il faut « privilégier une approche portée sur l’adaptation collective de la classe plutôt que sur l’aide individualisée »
« Le dispositif des AESH incarne le modèle de l’accompagnement humain précaire » [à qui la faute !]
« L’effet écran [c’est-à-dire la présence d’une AESH en aide individualisée] constitue un frein au développement des apprentissages »
Il faut « clarifier le décompte des heures connexes en veillant au suivi de leur utilisation pour la formation » [les AESH sont trop payées… Elles peuvent bien effectuer des formations sur leur temps hors classe !]
Il faut valoriser et sécuriser la fonction d’AESH référente.
Concernant le Statut, le rapport écarte d’un revers de main la « fonctionnarisation générale ». Le rapport préconise une piste alternative : « création d’un corps d’ « assistant d’accessibilité », fonctionnaires de catégorie B à temps plein (1607h/an), avec un temps d’accompagnement des élèves (non pas de manière individuelle mais dans un service à la classe) et d’autres missions en complément. L’entrée au sein du corps se ferait par concours mais seulement pour une partie des AESH… L’administration a précisé oralement que cela ne concernerait que 20 % des AESH. Et pour les 80 % qui restent ? « Maintien d’AESH contractuels [toujours à temps partiel imposé donc toujours sous payées] pour exercer la mission d’accompagnement des élèves en situation de handicap afin de maintenir un recrutement au fil de l’eau. »
Inacceptable !
La FNEC FP-FO a indiqué pour sa part son refus des propositions provocatrices contenues dans ce rapport et a réaffirmé ses revendications concernant les AESH :
un vrai statut de fonctionnaire pour toutes les AESH à 24 heures temps plein
l’augmentation immédiate des salaires des AESH
l’abandon des PAS, des PIAL et de la politique de mutualisation
Les organisations SNES-FSU, SNUEP-FSU, SE-UNSA, FNEC-FP-FO, CFDT Éducation Formation et Recherche Publiques, CGT Educ’action, SNALC et SUD Éducation appellent les AED à se mobiliser pour rendre visibles la réalité de leurs conditions de travail et leurs revendications (rassemblements, grève, manifestations etc), le mardi 2 juin. Rien n’est fait par le ministère pour permettre aux AED d’exercer leurs missions dans des conditions acceptables et décentes.
Nous exigeons :
la création des postes et recrutement des assistant·es d’éducation pour répondre aux besoins,
la création d’une grille salariale nationale qui permette une revalorisation des AED,
l’accès à une formation initiale et continue, sur temps de service,